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Choisir et technique

Comment choisir ses jumelles d'ornithologie

Pas d'ornithologie sans jumelles, mais observer les oiseaux ne se fait pas avec n'importe quelles jumelles. Activité extérieure, dans des conditions climatiques contrastées, dans des milieux diversifiés, impliquant parfois de longues marches, l'ornithologie demande des jumelles confortables et performantes. Voici quelques conseils pour bien choisir ses jumelles d'ornithologie.

Jumelles pour l'ornithologie : exigences de base

Pour commencer, jumelles ou longue-vue ?

Les exigences de base pour les jumelles d'ornithologie sont diverses et incontournables.

  • Robustesse et étanchéité : activité d'extérieur parfois intensive, l'observation des oiseaux et de la nature demande des jumelles robustes et performantes. L'ornitho assidu que les aleas climatiques n'arrêtent pas choisira nécessairement des jumelles à prismes en toit, totalement étanches et veillera à un bon enrobage caoutchouc contre les chocs (l'enrobage n'assure pas l'étanchéité). Voyez notre dossier sur l'étanchéité.

  • Légèreté : la pratique de l'ornithologie signifie parfois de longues promenades exigeantes, jumelles au cou. On veillera donc que les jumelles ne soient pas trop lourdes. Les diamètres d'objectifs de 30 à 40 mm sont tout indiqués, mais le 50 mm est ausi envisageable.

  • Grossissement : les oiseaux ne se laissent guère approcher et beaucoup sont de petite taille. Un grossissement de 10x est donc souvent utile pour les jumelles d'ornithologie. Si on dispose d'une longue-vue en complément des jumelles, on peut opter pour les avantages d'un grossissement de 8 x qui offre un champ plus large.

  • Luminosité : en matière de luminosité, les exigences resteront modestes, puisque l'ornithologie est avant tout une activité diurne. Ceci permet de choisir des jumelles compactes, de diamètre moyen (30 ou 40 mm). Si il est aussi passionné par l'observation des mammifères, l'ornitho devra alors être plus attentif à la luminosité de ses jumelles, et choisir un instrument du type jumelles de chasse.

  • Mise au point minimale : le naturaliste s'intéresse souvent aussi aux papillons, libellules, reptiles et autres animaux qui se laissent observer de près. Une mise au point très rapprochée sera alors un avantage pour ses jumelles.

  • Qualité optique : elle varie bien entendu énormément et est en liaison avec le prix des jumelles. Pour bien comprendre ce que l'on peut attendre de bonnes et moins bonnes jumelles, consulez notre article sur le sujet et voyez toutes les ressources de notre bibliothèque.

C'est une question que se pose parfois le débutant en ornithologie. Séduit par le grossissement plus élevé d'une longue-vue, classiquement équipée d'un zoom allant de 20 à 60 x, il se demande si là n'est pas le meilleur choix pour lui. La réponse est que la longue-vue est assurément un complément important pour l'observation des oiseaux mais que la première étape est d'acheter une bonne paire de jumelles.
Bien plus maniables et transportables, les jumelles sont l'outil-roi pour observer autour de soi dans un rayon d'une centaine de mètres (plus loin si l'on observe par exemple les gros mammifères). La longue-vue nécessite un trépied, elle est plus lourde et encombrante. Sa largeur de champ est faible et trouver sa cible est bien moins facile, surtout si elle est mobile. Alors que les jumelles pemettent de cadrer ce que l'on veut regarder en un instant, la longue-vue va nécessiter un délai de mise en place. Elle est plutôt destinée à observer tranquillement des sujets qui se déplacent peu ou qui sont à grande distance.
Les jumelles sont l'équipement de base de l'ornithologue, la longue-vue vientt en second lieu.


Jumelles d'ornithologie 10x42. Poids environ 700 g
r


Jumelles d'ornithologie 8x32. Poids environ 600 gr



Jumelles de voyage 8x24. Poids environ 300 gr

La luminosité des jumelles

Jumelles 10x42, 8x42, 10x50 ou 8x32 ?

L'utilisateur de jumelles pour l'ornithologie recherche un maximum de luminosité et un minimum de poids pour son confort. Faisons le point sur cette question souvent mal comprise.
La luminosité d'une paire de jumelles est liée d'une part à son grossissement (premier chiffre de la formule 8
x32, 10x42...) et d'autre part au diamètre de ses deux objectifs (deuxième chiffre de la formule 8x32, 10x42 ...). En résumé, on dira que plus le diamètre est grand et le grossissement faible, plus la luminosité est importante.

D'autres facteurs interviennent cependant de manière décisive :

  • la qualité des verres utilisés varie largement entre les verres standards non-traités des modèles de base, et les verres spéciaux traités multicouches sur toutes les surfaces des jumelles de marque

  • la taille des prismes est sous-dimensionnée dans les jumelles à bas prix, et une grosse partie de la lumière est arrêtée

Ainsi, la transmission de la lumière peut être inférieure à 50% pour des jumelles de bas de gamme et supérieure à 95% pour des jumelles de qualité. Ainsi, de bonnes 8x30 peuvent s'avérer plus lumineuses que de mauvaises 7x50. Voyez notre article sur la transmission de la lumière dans les jumelles.

Le chiffre le plus utile pour caractériser la luminosité d'une (bonne) paire de jumelles est sa pupille de sortie
, qui est le quotient du diamètre (en mm) par le facteur de grossissement. Par exemple, la pupille de sortie d'une 8x32 est de 32 : 8 = 4; celle d'une 8x56 est de 56 : 8 = 7. Physiquement, la pupille de sortie est le diamètre du faisceau de lumière transmis à l'oeil par l'instrument. Plus la pupille est élevée, plus les jumelles sont lumineuses. Pour plus de détail, lisez ceci.

En conditions diurnes, la pupille humaine se referme jusque 3 mm environ. L'excès de lumière transmis par des jumelles dont la pupille de sortie serait de 5 mm, par exemple, sera arrêté par la fermeture de la pupille de notre oeil qui travaille comme un diaphragme d'appareil photo
. Dans de telles conditions, comme c'est généralement le cas pour l'ornithologie, il est parfaitement inutile de s'encombrer de grosses jumelles de fort diamètre.
En lumière crépusculaire ou nocturne, la pupille humaine se dilate jusque 7 mm chez les jeunes, et 5 ou 6 mm chez les adultes de 50 ans et plus (la pupille perd de son élasticité avec l'âge). C'est la raison pour laquelle on ne trouve pas de modèles de jumelles sérieuses avec des pupilles de plus de 7 mm : ce serait parfaitement inutile, puisque l'excès de lumière est de toute manière arrêté par l'oeil.

L'ornithologue se satisfera de jumelles dont la pupille de sortie est de l'ordre de 4, mais celui qui pratique aussi l'observation des mammifères à l'aube et au crépuscule devra opter pour un modèle plus lumineux, de type jumelles de chasse, avec une pupille de sortie de 6 ou 7 mm.

10x42, 8x42, 10x50 et 8x32 sont les formats de jumelles classiquement utilisés pour l'ornithologie de terrain.

  • Les 10x42 sont les plus populaire dans nos pays. Ce sont des jumelles encore compactes (env. 700 gr) et qui offrent un facteur de rapprochement élevé (10 fois), favorable pour des oiseaux généralement farouches et de petite taille. La luminosité est suffisante pour toutes les observations diurnes et le champ reste confortable plus de 100 m à 1000 m généralement).

  • Le 8x42, préféré par les anglosaxons, est un format de jumelles dont les dimensions sont identiques aux 10x42 et avec un champ plus large, très favorable pour l'observation d'oiseaux se déplaçant rapidement dans des milieux touffus. La luminosité à l'aube et au crépuscule des 8x42 est meilleure que celle des 10x42.

  • Le 10x50 combine un rapprochement élevé et une très bonne luminosité (la même que celle des 8x42). Le champ est comparable à celui des 10x42. Les jumelles 10x50 sont très polvalentes mais un peu plus lourdes et volumineuses que des 42 mm.

  • Le 8x32 est un format compact (env. 600 gr) très agréable qui offre un champ de vision large. La luminosité est la même que celle des 10x42. Les jumelles 8x32 sont un excellent choix pour ceux qui préfèrent économiser du poids ou soulager leurs cervicales tout en observant les oiseaux et la nature en général. Le 10x32 est aussi un bon format compact, mais sa luminosité est plus restreinte et peut devenir limite par des journées très sombres.


Image rendue au crépuscule par un instrument jouissant de moins de 3 mm de pupille de sortie


Image rendue au crépuscule par un instrument jouissant de 4 mm de pupille de sortie


Image rendue au crépuscule par un instrument jouissant de 6 mm de pupille de sortie


Image rendue en plein jour par un instrument jouissant de moins de 3 mm de pupille de sortie : un peu terne.


Image rendue en plein jour par un instrument jouissant de 4 mm de pupille de sortie


Image rendue en plein jour par un instrument jouissant de 6 mm de pupille de sortie : pas de différence avec un instrument plus compact

Un edosssier avec tout ce qu'il faut savoir sur la pupille de sortie et la luminosité

 
 
 
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